Un peu d'histoire
Origine et histoire
La recette des lasagnes courgettes chèvre est une variation récente d'un plat qui, lui, puise ses racines en Italie. Le mot lasagna vient du latin lasanum (récipient de cuisson) et les premières préparations en couches apparaissent dans l'Italie médiévale, avant que l'Emilie‑Romagne n'officialise la version à la viande et à la béchamel, la fameuse lasagna alla bolognese. Les lasagnes aux légumes se sont développées comme alternatives saisonnières : remplacer le ragù par des légumes de saison permettait de proposer un plat riche mais plus léger. L'association spécifiquement courgettes‑chèvre est essentiellement une rencontre entre la technique italienne (feuilles de pâte, sauce blanche) et des ingrédients du bassin méditerranéen et français, le chèvre frais étant un produit courant en Provence. On la voit apparaître dans les cuisines familiales et les livres de recettes contemporains à partir de la seconde moitié du XXe siècle, quand le mouvement vers des plats moins carnés s'intensifie.
Ce qui la caractérise
Cette lasagne se signale par un équilibre entre fraîcheur et onctuosité. Les courgettes, taillées en fines lanières ou en rondelles préalablement passées à la poêle, apportent une texture tendre, légèrement végétale et humide. Le chèvre frais fondu dans la couche crémeuse donne une pointe d'acidité lactique qui contrebalance la douceur des courgettes ; la béchamel (beurre, farine, lait) unit le tout en jouant le rôle de liant. Le gratinore de 70 g de gruyère râpé crée une croûte dorée et salée, différente de la croûte au Parmigiano d'une lasagne italienne classique. C'est un plat particulièrement adapté à l'été et au début de l'automne, quand les courgettes sont au mieux de leur saveur, mais il fonctionne aussi comme plat réconfortant en saison fraîche si l'on choisit des légumes rôtis.
Variantes et adaptations
Les variantes sont nombreuses. En Italie on remplace parfois le chèvre par de la ricotta ou de la mozzarella, et l'on peut intégrer une couche de sauce tomate pour donner de l'acidité. En France, la présence du chèvre, frais ou affiné, est courante, et certains ajoutent des herbes de Provence, du thym ou du basilic. On trouve aussi des versions avec aubergines ou épinards à la place des courgettes, ou avec une pâte de lasagne verte (pâtes aux épinards). À l'échelle internationale, la technique de couches se décline en plats voisins : la grecque moussaka utilise l'aubergine et le fromage béchamel, tandis que des adaptations végétariennes anglo-saxonnes peuvent incorporer du fromage de chèvre frais, du tofu ou du lait végétal pour une béchamel sans lactose.
Importance culturelle
Si les lasagnes restent emblématiques de l'Emilie‑Romagne, la version courgettes‑chèvre illustre plutôt la capacité d'adaptation du patrimoine culinaire italien. Elle n'est pas un plat traditionnel régional à proprement parler, mais elle occupe une place confortable dans les répertoires domestiques des régions méditerranéennes et en France, où le goût pour le fromage de chèvre est marqué. Au quotidien, elle témoigne d'une cuisine de terroir moderne : utiliser les légumes de saison, respecter la technique (feuilletage, béchamel, gratin) et intégrer des produits locaux pour une déclinaison respectueuse des traditions et adaptée aux goûts contemporains.
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