Un peu d'histoire
Origine et histoire
Les « rouleaux de printemps frais » que l'on prépare avec des feuilles de riz, des crevettes, des légumes et des herbes correspondent au gỏi cuốn vietnamien, parfois appelé nem cuốn dans certaines régions, et traduit hors du Vietnam par summer rolls ou fresh spring rolls. Leur modèle repose sur la feuille de riz, le bánh tráng, une galette de riz séchée qui existe depuis des générations dans les campagnes vietnamiennes. Le geste d'enrouler des ingrédients frais dans cette galette s'est développé comme cuisine familiale et de rue, facile à transporter et rapide à préparer. L'exportation de la recette vers la France, les États-Unis et l'Australie s'accélère avec les vagues d'émigration vietnamienne après 1975, où les restaurateurs et les ménagères adaptent les garnitures aux ingrédients disponibles localement, d'où l'apparition d'avocat ou de sauces à base de soja.
Ce qui la caractérise
Ce plat se reconnaît immédiatement à la transparence et à la souplesse de la feuille de riz qui laisse apparaître la garniture. En bouche, c'est un jeu de contrastes : le croquant de la carotte et du concombre, la douceur saline et ferme de la crevette, la chair onctueuse de l'avocat et la fraîcheur des feuilles de salade et des herbes (menthe, coriandre, basilic thaï). Le goût final dépend énormément de la sauce d'accompagnement, nước chấm (sauce à base de nuoc-mâm, sucre et citron vert) donne de l'acidité et de l'umami, alors qu'une sauce à base de hoisin et cacahuètes apporte rondeur et profondeur. Ces rouleaux sont typiques des saisons chaudes et des repas légers : apéritifs, pique-niques, repas du soir en été ou plats de partage lors de retrouvailles familiales.
Variantes et adaptations
Les variations sont nombreuses. Au Vietnam, on trouve des versions au porc grillé et crevettes (bánh tráng cuốn thịt), des rouleaux uniquement végétariens garnis de tofu et de vermicelles, ou encore des formes locales où les herbes diffèrent selon le delta du Mékong ou le Nord. À l'étranger, l'avocat et la sauce soja-citron vert proposés dans votre recette représentent une adaptation occidentale, simple et sans poisson fermenté, appréciée des végétariens et dans les bistros. D'autres traditions d'Asie du Sud-Est présentent des équivalents : le lumpiang sariwa philippin (feuille fraîche en crêpe), le popiah teochew en Malaisie/Singapour (crêpe fine farcie) ou des rouleaux cambodgiens servis avec une sauce cacahuète, chacun réinterprétant le principe d'une garniture fraîche enrobée.
Importance culturelle
Le gỏi cuốn est emblématique du Vietnam par son rapport à l'équilibre et à la fraîcheur, valeurs centrales de la cuisine vietnamienne où le contraste des textures et l'harmonie des saveurs importent autant que la saisonnalité. Il occupe une place à la fois populaire, plat de rue et familial, et culinaire, car il permet d'exposer les produits locaux (crevettes du littoral, crudités maraîchères, herbes aromatiques). Sa capacité à être adapté à des régimes et ingrédients nouveaux explique aussi pourquoi il s'est imposé hors du Vietnam sans perdre son identité première : un rouleau simple, translucide, où la fraîcheur prime.
Déposer un commentaire